Nouvelles rames du métro 52m : Alstom a le marché

Publié le 13 mai 2012

C’est un coup de tonnerre qui vient de retentir sur le métro lillois ! Vendredi 11 mai 2012, la Commission d’Appel d’Offre de Lille Métropole a désigné Alstom comme attributaire pressenti du marché de doublement des rames de la ligne 1 du métro. Etaient également en lice pour ce marché de 266 millions d’euros : Bombardier et Siemens.

Mais pourquoi s’agit-il d’un "coup de tonnerre" ?

Parce que Lille, plus que toute autre ville au monde, a une relation toute particulière avec le métro automatique puisque c’est à Lille que cette technologie a vu le jour, au début des années 1980. Idée magique des équipes de recherche de Robert Gabillard à l’Université de Lille (1), c’est Matra (devenu Siemens depuis) qui fut le partenaire industriel qui transforma le rêve en réalité en 1983, lors de l’inauguration de la ligne 1 du métro. Et depuis lors, les rames du métro ont toujours été des rames VAL. Trente années de bons et loyaux services.

Une rame Metropolis (type "boa") à Singapour (Photo : Terence Ong)

Fin 2015, les premières rames de la gamme Metropolis d’Alstom rouleront sur la ligne 1 du métro lillois. En 2017, à l’issue du contrat, ce seront 27 nouvelles rames qui auront été ajoutées aux rames Siemens actuelles. Une partie des rames de la ligne 1, la mieux pourvue des 2 lignes, seront alors transférées sur la ligne 2 pour en améliorer la fréquence. Les nouvelles rames, d’une capacité de 545 passagers, apporteront plusieurs nouveautés liées aux avancées technologiques récentes :

- Des rames de type "boa" avec intercirculation totale. En clair, cela signifie qu’il n’y aura plus de séparation entre les différentes voitures d’une même rame. Une fois à bord, il sera possible de circuler librement d’un bout à l’autre des 52 mètres de la rame. Ce système offre l’avantage de permettre une bien meilleure répartition des voyageurs à bord, évitant ainsi d’avoir une voiture bondée et la voiture voisine à peine remplie, simplement à cause d’une mauvaise répartition des montées à bord.
- Des aménagements intérieurs créant une ambiance lumineuse et chaleureuse avec de plus grandes baies vitrées
- Une meilleure information des passagers grâce à des afficheurs et des écrans multimédias
- Des espaces dédiés aux personnes à mobilité réduite
- Un système de vidéo-protection en temps réel, relié au poste de contrôle
- Un système moins coûteux à maintenir et plus souple à exploiter
- Une réduction de la consommation d’énergie de 20%

Rappelons que le système de signalisation sera complètement refait à cette occasion. On suppose qu’il sera compatible avec les anciennes rames VAL puisque les deux types de rames circuleront ensemble sur la ligne. Le montant global du projet (incluant le matériel roulant, la nouvelle signalisation, la modernisation des stations) s’élève à 514 millions d’euros (dont la moitié, soit 266 millions, pour le seul matériel roulant).

Les nouvelles rames seront conçues et fabriquées en France sur le site industriel de Valenciennes (1600 personnes).

La décision d’attribuer ce marché à Alstom est difficile à encaisser pour Siemens qui comptait beaucoup sur ce contrat. Et ce d’autant plus que l’entreprise venait d’annoncer, à la fin du mois d’avril, sa décision de faire de la France son centre de compétence mondial pour les métros automatiques, avec ses sites de Châtillon et... Lille... qui décide d’attribuer le marché à la concurrence ! Terrible temporalité. Néanmoins, et même si nous ne connaissons pas les raisons du choix de la Commission d’Appel d’Offre (les connaîtra-t-on d’ailleurs un jour ?), ceci ne remet absolument pas en cause la compétence et la pertinence de Siemens dans ce domaine. Nous leur souhaitons d’ailleurs de signer d’autres contrats pour pouvoir développer le site de Lille qui emploie actuellement 150 salariés.


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