Des cars sur la bande d’arrêt d’urgence

Publié le 16 décembre 2013

Dans le Schéma Mobilité à horizon 2030 du Département du Nord, on trouve une action qui consiste à développer des lignes de car à haut niveau de service. Mais l’élément marquant, c’est qu’il est envisagé de faire circuler des cars du réseau Arc-en-Ciel (le réseau départemental) sur les bandes d’arrêt d’urgence des autoroutes :

"A l’instar d’expérimentations dans d’autres départements (Bas-Rhin, Hérault, Isère), le Département du Nord envisage d’optimiser les infrastructures autoroutières existantes par l’utilisation de la bande d’arrêt d’urgence pour créer une voie réservée au profit des cars du réseau départemental".

La raison évoquée est que "améliorer la vitesse commerciale tout en garantissant la régularité des horaires sont des éléments clés qui permettent de générer un transfert modal de la voiture individuelle vers l’autocar".

A la recherche des subventions de l’Etat

Le premier acte concret de ce projet a été réalisé le 14 septembre 2013, par le dépôt d’un dossier lors du 3ème Appel à Projets TCSP réalisé par l’Etat. Ce dossier concerne l’autoroute A23 (Lille/Valenciennes) entre l’échangeur d’Orchies et la station de métro "4 Cantons / Stade Pierre Mauroy", une section fortement chargée aux heures de pointe. D’après La Voix du Nord, le coût des travaux sur cette section d’une vingtaine de kilomètres s’élèverait à 17 millions d’euros. Des aménagements sont en effet nécessaires sur l’actuelle bande d’arrêt d’urgence pour la sécuriser, la séparer de l’autoroute et la doter de caméras.

D’autres portions pourront être éligibles à terme, comme sur les autoroutes A1 et A25, elles aussi très souvent saturées aux heures de pointe. Le planning prévisionnel du projet prévoit une mise en service pour l’automne 2018 sur l’A23.

Les résultats de cet appel à projet sont attendus dans le courant du mois de décembre et les études préalables devraient être lancées dans la foulée. Sans pour l’instant connaître les résultats de l’appel à projet, on sait néanmoins que l’Etat prête une oreille attentive à ce type de projets puisque le Ministre des Transports en personne disait le 23 novembre dernier : "J’annoncerai dans les tout prochains jours l’expérimentation de la mise à disposition sur les zones autoroutières de bandes d’arrêt d’urgence au profit des transports collectifs". Une expérimentation qui pourrait "concerner des autoroutes ou des rocades urbaines selon les sites".

Une mesure efficace à moindre coût

Revenons sur le premier aménagement annoncé, celui de l’autoroute A23. Pour créer une voie dédiée aux transports en commun d’environ 20 km de long, le coût annoncé est de 17 millions d’euros, soit 0,85 million d’euros le kilomètre. A titre de comparaison, pour un Bus à Haut Niveau de Service en milieu urbain, le coût d’aménagement se situe entre 2 et 10 millions d’euros le kilomètre. Quant au projet de RER entre Lille et le bassin minier, récemment annoncé par la Région, le tronc central entre Saint-Henriette et Lille Flandres est évalué à 960 millions d’euros, soit environ 27 millions d’euros le kilomètre. On voit donc au travers de ces deux seuls exemples que le projet d’utilisation des bandes d’arrêt d’urgence présente un ratio bénéfice/coût très intéressant. Très appréciable en cette période de vaches maigres budgétaires !

Crédit photo d’illustration : The Mirror

L’article de La Voix du Nord : http://www.lavoixdunord.fr/region/e...

L’article de Mobilicités : http://www.mobilicites.com/fr_actua...


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